Silhouette de dos face à un hémicycle vide, panneau de vote lumineux en fond

RN, LFI et violences faites aux femmes : ce que disent vraiment les votes à l’Assemblée

Le RN se présente comme le défenseur des femmes contre les violences.
LFI dépose régulièrement des textes sur le même sujet.
Deux discours, mais qu’est-ce que ça donne quand un texte concret arrive sur la table de l’Assemblée et qu’il faut voter pour ou contre ?
Ce qui suit s’appuie sur les scrutins eux-mêmes, avec leur numéro et leur date, consultables sur le site de l’Assemblée nationale, pas sur ce qu’on en raconte ailleurs.

Ce que montrent les votes du RN

Le 23 octobre 2025, l’Assemblée vote l’intégration du non-consentement dans la définition pénale du viol.
C’est un changement que les associations féministes réclamaient depuis longtemps : la loi ne juge plus seulement la violence ou la contrainte, mais l’absence de consentement en tant que telle.

Le scrutin n°1202 donne :
– 161 voix pour
– 56 contre
– 16 abstentions (233 votants).

Sur les 56 contre, 41 sont des député·es RN, 5 viennent de l’UDR (le parti d’Éric Ciotti), 9 des Socialistes, et 1 d’un député non inscrit.
Un seul RN s’est abstenu.

Trois mois plus tôt, en janvier, sur le texte de renforcement de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le RN s’était abstenu. La loi est passée grâce aux autres groupes.

Ces deux votes ne sont pas des accidents isolés. Le média Bon Pote a analysé 194 amendements et propositions de loi sur les droits des femmes, votés entre juin 2022 et fin 2025 : le RN n’a voté favorablement que dans 37,63 % des cas, contre environ 90 % pour les groupes de gauche sur la même période.

Graphique : sur le scrutin n°657, 44%% des député·es RN se sont abstenus. Sur le scrutin n°1202, 33%% ont voté contre. Aucun vote pour sur ces deux scrutins.
Source : pages officielles des scrutins n°657 et n°1202, assemblee-nationale.fr

Et en décembre 2025, quand une proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles a été déposée (78 articles, 109 signataires venus de huit groupes différents, de la gauche à la droite classique), ni le RN ni l’UDR n’en faisaient partie.

Ce que propose concrètement LFI

De son côté, LFI a déposé le 3 mars 2026 sa propre proposition de loi (n°2567) : renforcer les obligations de l’employeur contre les violences sexistes et sexuelles au travail, et créer de nouveaux droits pour les salariées victimes de violences conjugales qui engagent des démarches judiciaires ou médicales. Aménagement du temps de travail, protection contre le licenciement.

Un point mérite d’être signalé : LFI non plus n’a pas signé la grande loi intégrale. Même absence que le RN, sur le papier. Mais la raison n’a rien à voir.
La députée Ségolène Amiot l’a expliqué publiquement : pour elle, ce type de texte reste trop centré sur l’alourdissement des peines, alors que le vrai verrou est ailleurs. La quasi-totalité des plaintes pour violences sexuelles n’aboutit jamais à une condamnation. À quoi bon durcir une peine qu’on ne prononce presque jamais ? Sa formule résume l’argument : « augmenter les peines pour 1 % des condamnations ne réglera rien » tant que l’absence de poursuites en amont n’est pas traitée.

Le budget de l’État pour l’égalité femmes-hommes augmente en 2026, à 98,6 millions d’euros en loi de finances initiale. Reste à voir, en fin d’année, ce qui aura été réellement dépensé.

Deux absences, deux raisons

Le RN et LFI ont tous les deux boudé la loi intégrale. La comparaison s’arrête là. D’un côté, aucune justification publique retrouvée. De l’autre, un désaccord assumé sur la méthode, pas sur l’objectif.

Pour le reste, les scrutins parlent d’eux-mêmes : sur les textes concrets qui protègent les femmes contre les violences, le RN vote contre ou s’abstient la plupart du temps, et LFI vote pour en déposant en plus ses propres propositions.

Sources

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