Moment de quiétude sur un balcon
La nuit est douce.
En bas, les voitures font un bruit de mer lointaine.
Elle tient une tasse encore tiède, adossée à la rambarde.
— Il fait bon, murmure-t-elle.
— Ouais, enfin, un peu lourd, non ? répond-il sans la regarder.
Il allume une cigarette, souffle la fumée vers la rue.
Elle cherche ses mots, hésite.
— J’aimerais qu’on parle de…
— Pas maintenant, coupe-t-il. Tu choisis toujours les pires moments.
Le mot tombe, sec. Elle se tait un instant, fixe les lumières des fenêtres en face.
— C’est juste que…
— Laisse tomber, vraiment. T’as besoin de dramatiser dès qu’il fait calme, c’est fou.
Elle baisse la tête. La tasse tremble un peu, un reste de thé glisse sur ses doigts.
Il l’observe enfin, un sourire court.
— Tu vois ? Toujours à te vexer pour rien.
Elle pose la tasse sur le rebord, tout doucement, comme si le bruit pouvait casser quelque chose.
Le vent soulève une mèche de ses cheveux.
Il regarde ailleurs.
En bas, un klaxon. Puis plus rien. Seulement la nuit tiède et le goût du thé refroidi.