Visite à la boutique de fleurs
L’air sent la menthe et la terre humide. Le rideau métallique est à moitié baissé, le vendeur range les seaux d’eau.
Elle hésite entre deux bouquets : des pivoines pâles et des lys blancs. La lumière jaune fait briller les feuilles mouillées.
Il s’approche derrière elle : « Tu vas encore mettre une éternité. »
Sa voix est basse.
Elle se tourne à peine, un bouquet dans chaque main. « Je voulais juste être sûre… »
Il l’interrompt : « Tu veux toujours être sûre. »
Le vendeur évite leur regard.
Elle repose les pivoines, choisit les lys.
Il sourit sans douceur : « Les lys ? Sérieusement ? »
Elle répond : « Je les trouve élégants. »
Il lâche un rire bref : « Comme toi, alors. Fragiles et prétentieux. »
Le papier craque sous ses doigts lorsqu’elle serre le bouquet.
Le vendeur glisse les fleurs dans un cône de plastique transparent, y met un mince ruban ; elle tend l’argent, se trompe de billet.
Il récupère le bouquet d’un geste rapide : « Laisse, je vais le porter, tu vas les abîmer avant d’arriver à la voiture. »
Elle garde les mains vides.
Dehors, la rue est presque déserte. Il tient le bouquet contre lui, le plastique plisse sous sa main. Elle avance un peu derrière.
La pluie commence à tomber ; elle murmure : « Elles vont se mouiller… »
Il répond sans se retourner : « Elles tiendront bien comme ça. »