C’est mieux sans toi
Une odeur de sel et de café flotte dans l’air.
La lumière glisse sur le carrelage pâle.
Elle s’approche, regarde par-dessus son épaule, la mer brillante dans l’écran du téléphone.
— Regarde comme c’est beau, murmure-t-elle.
— Décale-toi ; t’es dans le champ.
Elle recule, les bras contre elle.
Un *clic* bref.
— Voilà. C’est mieux. Sans toi, la photo respire.
Un silence sec, puis le bruit de la tasse qu’elle repose un peu trop fort.
— Tu veux que je t’en fasse une ? Avec la mer ?
Il lève la tête :
— Non. Toi, t’as toujours besoin que tout tourne autour de toi. On dirait une enfant qu’il faut applaudir. Moi, j’aime quand c’est tranquille.
Les mots tombent, nets. Elle ne répond pas.
Il s’assoit, fait défiler les photos du bout du pouce.
L’écran clignote. Elle s’éloigne, regarde dehors. Le vent monte, rabat la pluie sur la vitre. Un claquement sourd fait trembler le store.
Elle dit seulement :
— On dirait qu’il va pleuvoir.
Aucune réponse.
Seulement le souffle du vent, lourd, régulier.