Parking à la sortie d’un cinéma
Le vent s’engouffre entre les voitures.
Odeur d’asphalte mouillé, affiches qui battent contre les murs du cinéma. Ils marchent côte à côte, son pas à lui un peu plus rapide.
— Franchement, t’as rien compris, dit‑il, voix calme mais coupante.
Elle esquisse un sourire, pour ne pas trop faire de vagues.
— Si, j’ai suivi. L’histoire des deux sœurs, c’est plutôt clair.
— Non, pas vraiment. T’inventes encore des trucs. C’est pas grave, c’est ton style.
Elle baisse les yeux. Les clés glissent mal de ses doigts engourdis.
— J’ai trouvé ça touchant.
— T’aimes toujours n’importe quoi.
Ils arrivent à la voiture. Le bruit sec de la télécommande rompt le silence.
Elle s’apprête à ouvrir la portière côté conducteur.
— Tu veux conduire ? Non, laisse. T’as l’air épuisée. Et puis j’aime pas quand tu rates les embrayages.
Elle retire lentement sa main de la poignée, contourne la voiture. L’air froid lui pique les joues.
Il s’installe, ferme un peu trop fort. Dans l’habitacle, la radio grésille. Il règle le chauffage vers lui, sans un regard.
Elle s’assoit, ses paumes humides collées l’une contre l’autre. Le moteur lance un grondement, les phares projettent une lueur blanche qui tremble sur le mur du bâtiment.
Aucun mot. Juste le bruit régulier des essuie‑glaces.
Dehors, un courant d’air fait trembler la porte du parking. Dedans, rien d’autre ne bouge.