Œuvre digitale exprimant la confusion entre l'étiquette pervers narcissique et les signes de relations toxiques, avec des tons orange vif et violet profond. Un profil humain et un cœur brisé sont illustrés dans l'image.

Pourquoi l’étiquette de pervers narcissique masque les relations toxiques ?

Le terme « pervers narcissique » (PN) est utilisé très fréquemment pour décrire des comportements manipulatoires, toxiques ou abusifs dans une relation. Cependant, cette étiquette est souvent attribuée à tort, ce qui crée une confusion et empêche de reconnaître les véritables signes d’une relation toxique. En se concentrant trop sur la recherche d’un diagnostic précis, on risque de passer à côté des comportements abusifs et de la souffrance émotionnelle, ce qui peut nuire à la prise de décision et à l’action.

L’obsession du diagnostic : une fausse sécurité

Il est naturel de vouloir comprendre ce que l’on vit lorsqu’on se trouve dans une relation difficile. Le terme « pervers narcissique » est souvent perçu comme une clé pour expliquer certains comportements de domination, de manipulation ou de dévalorisation. Cependant, en cherchant à poser cette étiquette, on peut se retrouver piégé.e dans une quête de validation qui ne fait qu’ajouter à la confusion.

Le problème ? Beaucoup de personnes n’ont pas accès à un professionnel pour poser un diagnostic officiel de pervers narcissique, et même si elles le faisaient, cela ne garantirait pas une réponse claire. Entre-temps, la relation peut continuer à être toxique et destructrice. Au lieu de se perdre dans des questions du type « Est-ce qu’il est PN ? », il est plus important de se concentrer sur ce que l’on ressent et sur les comportements qui nous affectent. Les doutes resteront toujours présents tant qu’on se fixe sur l’étiquette, mais la souffrance et les signes de toxicité, eux, sont bien réels.

Pourquoi l’étiquette PN peut nuire à la prise de décision

Lorsque l’on se fixe sur l’idée que seul un pervers narcissique justifie la rupture, on finit par négliger des signes tout aussi graves mais qui ne sont pas nécessairement liés à cette étiquette spécifique. Une relation toxique ne nécessite pas un diagnostic clinique pour être reconnue. Si vous êtes dans une relation où vous vous sentez constamment manipulé.e, dévalorisé.e ou contrôlé.e, ces signes sont suffisants pour remettre en question la dynamique de cette relation.

La question ne devrait pas être : « Est-ce que cette personne est un pervers narcissique ? » mais plutôt :

  • Est-ce que cette relation me fait du mal ?
  • Est-ce que je me sens respecté.e, écouté.e et soutenu.e dans cette relation ?
  • Est-ce que je me sens libre de m’exprimer et d’être moi-même sans crainte ?
  • Est-ce que je suis victime de violence, qu’elle soit psychologique ou physique ?

Les réponses à ces questions, et non à un diagnostic, sont ce qui devrait guider vos décisions.

La confusion crée l’immobilisme

L’un des grands pièges de l’utilisation excessive du terme pervers narcissique est qu’il crée une confusion qui bloque l’action. Quand on attend d’être « sûr.e » que l’autre est un PN avant de quitter une relation, on se place dans une position de doute constant. Cette incertitude empêche de prendre des mesures concrètes pour sortir de la toxicité, car on cherche une validation extérieure au lieu de se fier à ses propres ressentis et besoins.

Il est normal de vouloir une réponse claire, mais cette quête peut devenir un frein. En attendant un diagnostic définitif, certaines personnes restent dans des relations destructrices, avec l’espoir qu’un professionnel vienne poser l’étiquette qui « validera » leur ressenti.

La violence dans les relations toxiques : psychologique ou physique

Il est crucial de comprendre que la violence n’est pas seulement physique. La violence psychologique, souvent invisible, peut être tout aussi destructrice. Les manipulations, les humiliations, le contrôle, le gaslighting, et l’isolement sont des formes de violence qui peuvent détruire lentement l’estime de soi et la santé mentale. Cette violence est bien réelle et tout aussi grave que la violence physique, même si elle n’est pas toujours reconnue.

Si vous vous trouvez dans une relation où vous ressentez que votre réalité est constamment remise en question, où vous êtes rabaissé.e, ou si vous avez peur de parler ou d’agir sous la pression constante de l’autre, ces signes sont des indicateurs de violence psychologique. Une relation violente, qu’elle soit psychologique ou physique, ne mérite pas d’être entretenue, même si l’étiquette de pervers narcissique ne correspond pas forcément à la situation.

Se concentrer sur les comportements abusifs et les émotions ressenties

Le vrai travail consiste à apprendre à identifier les comportements abusifs, quel que soit l’étiquette qu’on leur donne. Ce que vous ressentez dans la relation, la façon dont vous êtes traité.e et l’impact émotionnel de cette dynamique doivent être les facteurs déterminants pour savoir si vous devez rester ou partir.

Les signes de manipulation, d’humiliation, de culpabilisation, de contrôle, ainsi que la violence psychologique ou physique sont des indicateurs clés d’une relation toxique. Si vous êtes constamment dans la souffrance émotionnelle ou si vous ressentez de la peur, de l’anxiété ou de la douleur physique, c’est que la relation ne vous respecte pas. Ces comportements doivent être pris en compte sans chercher à apposer un diagnostic. Ce qui compte, ce sont les effets qu’ils ont sur vous et votre bien-être.

Pourquoi il est important de réagir sans attendre un diagnostic

Il est essentiel de réagir dès que vous vous rendez compte que vous êtes dans une situation toxique ou violente, plutôt que de continuer à attendre une validation extérieure. La souffrance, l’anxiété, la perte de confiance en soi, et les blessures physiques sont des signes bien plus pertinents que n’importe quel diagnostic. La clé réside dans votre capacité à identifier ces signes et à comprendre que vous méritez mieux.

Ne laissez pas la confusion entre pervers narcissique et relation toxique vous empêcher de vous protéger. Ce n’est pas l’étiquette qui est importante, mais la réalité de ce que vous vivez.


Ce qu’il faut retenir :

Le terme « pervers narcissique » peut être utile dans certains cas, mais il ne doit pas devenir un obstacle pour reconnaître et agir face à une relation toxique ou violente. Si vous ressentez de la douleur, de la manipulation, du contrôle, ou même des violences psychologiques ou physiques, cela suffit à justifier une prise de décision pour mettre fin à la relation. Ne laissez pas l’incertitude sur l’étiquette vous empêcher de prendre des mesures pour votre bien-être. Vous méritez une relation saine, respectueuse et épanouissante.

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